Pourquoi ?

La tradition centenaire de manger des produits frais et locaux n’est certainement pas une idée nouvelle. Avouons plutôt que la « chimie alimentaire » est beaucoup plus récente. Alors que la haute couture de la culture biologique vise aujourd’hui seulement certaines élites financières, la mode du prêt à manger a réussi à se démocratiser au point de toucher toutes les classes de population.

Pour s’imposer, ce concept datant de quelques dizaines d’années a même réussi à détourner la qualité au profit de la rentabilité. Comment une idée inventée de toute pièce a su détrôner les concepts séculaires de l’agriculture ou de l’élevage ? On entend dire qu’un surgelé serait meilleur au goût, plus sain pour la santé, moins cher … Le doute ainsi créé n’a jamais fait autant réfléchir, il n’a jamais fait couler autant d’encre. Cette confusion a fini par effacer la mémoire de nos aïeux. Ceux là même qui cultivaient le végétal ou qui élevaient l’animal.

Nous sommes inconsciemment rentrés dans une ère de méconnaissance. L’enfant grandit aujourd’hui dans un océan abstrait de concepts tous plus compliqués les uns que les autres. Sait-il seulement encore faire le lien entre la terre nourricière et la plante qui y grandit, entre l’abeille qui butine et le miel de la ruche …

Nous tournerons bientôt la page de la première décennie du tout jeune XXIème siècle. Après 100 ans d’une avancée technologique sans précédent, il aura fallu le temps de ce même siècle pour se conscientiser sur les problématiques engendrées. Qu’elles soient d’ordre écologiques, économiques ou sociales, toutes ces questions résonnent à présent à l’échelle mondiale et personnelle.

En effaçant doucement les frontières qui ont forgé son identité propre, l’homme s’est doucement éloigné de ses racines. Dans un souci constant d’accélérer le temps et de réduire les distances, il a profondément changé la mesure de son évolution. A présent, le rythme des saisons ne donnera jamais plus naissance à la même année qu’ont connue nos grands parents.

Mais au bout d’une course effrénée, toujours plus courte et plus rapide vers un inassouvissable meilleur futur, il se rend finalement compte que l’essentiel se situe dans la lenteur de la minute et non plus dans la vitesse de la seconde. Il finit par remettre en question le désordre structuré de son existence. Pourquoi ne pas y remettre plutôt un ordre quelque peu déstructuré par les inconnues de la Vie …