Après 3 mois
Le printemps vient de sonner à nos portes et l’heure d’un premier bilan s’impose.
Partis tête baissée dans une aventure un peu folle, notre défi belge ne cesse de soulever un tourbillon de questions depuis 3 mois. Pourquoi ?
L’idée de base de manger des produits frais et locaux, comme nos grands-parents, paraît assez simple et pourtant… Sur les routes de notre terroir, nous nous sommes vite rendus compte que tout n’est pas bon à prendre. En effet, du bio à l’agriculture intensive, de l’artisan à l’agro-industrie, une réflexion profonde sur la qualité du produit s’impose et cela de la semence à nos assiettes. Notre question de base sur l’origine prend, tout à coup, des allures de débat. Il s’avère bien sûr plus facile de fermer les yeux sur cette question, tellement le sujet est vaste et houleux. Nous en avons décidé autrement. Soucieux de notre santé et de celle de nos futurs enfants, nous avons décidé de continuer à creuser cette question et cela en restant le plus objectif possible.
Un autre constat nous frappe aussi. Nos grands-parents mangeaient certes des produits plus locaux et plus de saison qu’à notre époque, mais considéraient-ils autant que nous la question d’une alimentation saine et équilibrée. Dans la majorité des cas, la conscience « diététique » n’est arrivée que plus tard. Auparavant, la cuisine de nos aïeux, bien que plus locale, restait plus riche en graisses et donc à certains égards moins saine. Nous pourrions donc conclure que nous mangeons mieux aujourd’hui malgré l’importation massive de produits « hors saison ». Mais n’allons pas trop vite dans les raccourcis… la question est de nouveau vaste !
Autant nous faisons, aujourd’hui, un effort diététique certain, autant les produits de base de nos préparations sont trop souvent dégradés. Est-il encore possible de manger des aliments naturels au sens propre, c’est-à-dire est-il encore possible de manger un légume fraîchement sorti de terre ou une viande fraîchement abattue, dénuée de toute chimie? A part quelques modestes filières qui proposent cela, nous sommes sceptiques.
Aujourd’hui, une quantité immense de produits a été travaillée industriellement afin de répondre au formatage du neuromarketing, dicté par la rentabilité, au détriment de la qualité. L’addiction au goût, vous connaissez ? Non… alors prenez quelques secondes afin de lire en profondeur vos étiquetages. Edulcorants, arômes naturels ou chimiques, colorants, conservateurs, exhausteurs de goût … toute une chimie alimentaire qui fait aujourd’hui partie de votre quotidien et cela depuis votre plus jeune âge. Au plus tôt vous commencez, au plus profond votre addiction sera ancrée… Prenez l’exemple d’une pâte à tartiner aux noisettes et à l’huile de palme !
Ces réflexions, bien qu’essentielles, ne semblent pas encore être entrées dans la conscience collective. Une étude de l’EFSA (Autorité Européenne de la Sécurité des Aliments) montre que 48% des Belges ne se soucient pas de ne pas avoir une alimentation équilibrée et que 39% ne s’inquiètent pas de l’impact d’une alimentation mal équilibrée.

Souvent, la cause de ce manque de réflexion provient du manque de temps. Au cours de nombreuses discussions, il apparaît en effet que, assommés par des rythmes professionnels intensifs, les parents ne prennent plus le temps pour aborder ces questions vitales.
Quelquefois, on nous demande si nous avons des enfants.
- Non pas encore, pourquoi ?
- Car vous ne saurez-plus faire attention comme vous le faîtes, lorsque vous aurez des petits.
Et bien ce constat, tellement révélateur, est triste et pessimiste. Nous osons croire et cela hors de toute vision idéaliste, que si nous nous sommes donnés l’opportunité de manger sainement, durant une année, nous donnerons cette même chance à nos enfants et cela pour toute une vie.
La question du temps nous semble donc être à la source d’une bonne partie de ce laxisme propice à la malbouffe (Eloge du Burger). Il est nécessaire de réfléchir sérieusement à ce que nous mettons dans notre assiette et celles de nos enfants. Vous conviendrez, dès lors, qu’une question simple en début d’année s’est complexifiée au point de nous ouvrir de nombreuses pistes de questionnements.
Nous souhaitons donc poursuivre notre défi belge, dans ce sens :
• Continuer à mettre en avant des productions locales et artisanales.
• Trouver des produits issus d’une agriculture saine, qu’elle soit biologique ou raisonnée.
• Prouver qu’un produit sain et équilibré n’est pas plus cher.
• Travailler des produits dénués de toute chimie alimentaire afin de rendre nos besoins et nos envies, à nouveau, vraies et essentielles.
• Œuvrer vers une information encore plus claire pour le consommateur quant à l’origine, aux méthodes de production, aux additifs chimiques, …
• Eveiller les consciences sur l’urgente nécessité d’une réflexion profonde au sujet d’une alimentation saine et équilibrée.
En vous offrant de la sorte des informations objectives et sincères, nous espérons pouvoir vous aider dans votre réflexion personnelle et familiale. La question du temps deviendra, par là, toute relative puisque ces informations du consommateur au consommateur (désintéressé et libre de tout sponsoring, nous le rappelons), vous aideront à vous créer une opinion sans avoir à sortir de chez vous.
Bon d’accord, après il restera à prendre votre courage à deux mains et faire vos achats mais bon, on ne peut quand même pas tout faire
